Château d'Orville
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La cabane
(2002)

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Plan et hypothèse de restitution
servant de base à la
reconstruction de la cabane

Le choix de l’emplacement de la cabane a été déterminé par la présence sur le site d’un fond de cabane suffisamment bien conservé pour permettre une restitution fiable de la morphologie et des aménagements de cette structure. L’option d’une reconstruction in situ a donc été retenue. En effet, le fond de cabane 4449 présente des traces d’aménagements biens conservés : deux fosses qui peuvent être des fosses d’ancrage de métier à tisser. Les traces de trous de piquets le long des parois correspondant au clayonnage des murs nous fournissait des indications supplémentaires. Le fond de cabane est un carré de 2,50x2,60m de coté, soit une surface de 6,5m².

La structure présente 4 trous de poteaux aux angles, ainsi qu’un cinquième poteau au centre du coté Est. Ce cinquième poteau pourrait correspondre à un renfort du pignon, il a donc été décidé qu’un sixième poteau serait placé sur le coté opposé, simplement posé.

Les essences de bois utilisées ne devaient répondre qu’à quelques exigences : il fallait des troncs assez solides pour la charpente de la structure, et des baguettes flexibles pour le clayonnage des parois. En l'absence d'informations directes provenant de cette cabane, le choix des matériaux a été fait en fonction des essences retrouvées sur d'autres bâtiments du site et des possibilités d'approvisionnement : châtaignier, noisetier pour le clayonnage, et roseau de Seine pour le chaume. La hauteur du toit a moins été déterminée par le fait que l’on devait tenir debout à l’intérieur que par la nécessité d’avoir un pendage suffisant pour que l’eau de pluie ruisselle le long du toit de chaume au lieu de s’y infiltrer (pente à soixante degrés). Il a aussi été décidé de laisser la pente du toit dépasser d’une soixantaine de centimètres environ, afin que la pente du toit protège aussi les murs en torchis.

Les éléments de charpente ont été assemblés par un système d'assemblage à mi-bois chevillé, les éléments de la toiture étant assemblés par des liens, de même que les bottes de chaume. Une fois le chaume posé, le faîtage à été protégé par du torchis, dans lequel ont été plantées quelques plantes grasses destinées à réguler l’humidité et maintenir le faîtage.

Pour la constitution des parois, les traces au sol ont servi de base pour l’emplacement des piquets. Une fois ces piquets disposés de façon plus ou moins régulière, identique aux traces fossiles, le clayonnage fait de tiges de noisetier a été mis en place par étapes, pour permettre la pose du torchis. Celui-ci est composé de limon mélangé à de la paille, par foulage au pied, la paille permettant d’absorber l’humidité contenue dans le torchis et évitant les fissures lors du séchage de celui-ci. Les pignons ont été recouverts de torchis, ainsi que les parois, à l’exception de la moitié sud du coté ouest, où l’on a aménagé l’entrée.


Vue de la cabane fouillée en 2001, faiblement creusée dans le calcaire




Implantation des poteaux d'angles puis des baguettes verticales destinées à
supporter le clayonnage dans les traces repérées à la fouille
et pose des sablières et entraits qui rigidifient l'ensemble




Réalisation du clayonnage et du torchis




Pose de la charpente




Mise en place de la couverture en roseau
la base des gerbes est tassée à l'aide d'une palette en bois




Le vieillissement de la cabane et sa résistance aux conditions climatiques
constituent également un test pour les reconstitutions.