Château d'Orville
Château d'Orville
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Fouilles Programmées

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2002



La campagne 2002 a permis la poursuite des travaux engagés en 2001, tout en ouvrant de nouvelles pistes de recherches.
L’étude de la tour-porte et du pont-levis s’est poursuivie en adoptant la méthode d’enregistrement et d’étude des blocs architecturaux initiée en 2001 et en recherchant les niveaux contemporains de l’utilisation du fossé.
L’espace situé entre la tour porte et la pile du pont-levis a été exploré jusqu’au calcaire. La fouille du tablier carbonisé du pont-levis a été poursuivie, livrant des éléments de planches et de madriers (étude dendro-chronologique en cours) ainsi que les derniers niveaux de blocs rubéfiés provenant de l’incendie et de la chute de la tour-porte. Les niveaux d’occupation fouillés ont livré de nombreux éléments métalliques, médaille de pèlerinage (vierge à l’enfant), pièce de harnachement, balance accessoires vestimentaires, associés à trois monnaies d’Henri V et Henri VI roi de France et d’Angleterre. Confirmant ainsi la datation fournie par les chroniques médiévales (sièges de 1437 et 1438) période où le château d’Orville, situé près de Paris sur la route des Flandres, joua un rôle stratégique.
La poursuite de la fouille du fossé à l’ouest du pont a permis de suivre une partie des niveaux d’effondrement de la tour à une profondeur plus importante et jusqu’au niveau de l’eau qui noie les douves sur près de 2m.
Une couche d’effondrement de moellons et limon provient de la courtine primitive, datée du XIIIe s. dont les vestiges ont également été mis au jour sur d’autres zones. Cette destruction de la muraille est antérieure de peu à la chute des blocs de la tour, ce qui indique vraisemblablement l’existence d’une brèche dans la courtine préalable à l’incendie de la tour.

Les fouilles sur la plate-forme se sont poursuivies avec la reprise de l’exploration du quart Sud-Ouest . Un bâtiment en pierre remontant à la période carolingienne, recoupé par la courtine, est flanqué au nord d’une construction sur poteaux (2 états successifs) et entouré de structures annexes.
Une autre zone de vestiges, situé une vingtaine de mètres au nord, révèle des structures des XIe-XIIe siècle (cabane, silos, trous de poteaux), de même qu’un bâtiment médiéval (XIV-XVe), pourvu d’une cheminée, donnant au nord sur une cour pavée.
L’escarpe sud et les aménagements de l’angle sud-est du château ont été étudiés en même temps que la relation avec la zone basse, mettant au jour une stratigraphie bien conservée par les remblais consécutifs à la construction du mur d’enceinte. La stratigraphie de la muraille à contrefort située en contrebas a été mieux établie, amenant de premières hypothèses de restitution.(fig.2)
Le premier système fossoyé, antérieur aux douves, et matérialisé par un fossé en V de taille modeste a été à nouveau rencontré en partie est, associé à des empierrements de la fin du haut Moyen Age.

L’étude géomorphologique de la vallée (JF Pastre, CNRS), a permis d’ouvrir une réflexion sur l’insertion du site médiéval dans son environnement tout en englobant les phénomènes sur une plage chronologique plus vaste. Une stratigraphie exceptionnellement bien conservée pour le Bassin Parisien permettant d’observer son évolution depuis le tardi-glacière jusqu'à la période moderne, période où d’importantes colluvions ont comblé la vallée autrefois riche en aménagements piscicoles.

Enfin, l’étude des structures du haut Moyen-Âge a trouvé un prolongement avec la mise en oeuvre d'expérimentations archéologiques : une cabane carolingienne a été reconstruite in situ et deux fours à pain ont été reconstitués, en prélude à un projet de mise en valeur du site.